Remords
J’allais me mettre au lit
quand une petite chose m’a chatouillé le pied.
Sitôt je baisse la tête, pour observer de suite
d’où vient le chatouillis.
Est-ce la queue du chat ? Un morceau de tissus ?
Serait-ce un courant d’air ?
Une plume échappée du gros édredon vert ?
Où bien une souris ?
Pire que ça ! C’est un monstre !
C’est horrible ! Quelle horreur !
C’est une Grosse Araignée !!!
Plus question de dormir ! J’ai trop peur de ces bêtes !
Je vais en voir partout !
Je me mets à crier ! Il faut qu’elle disparaisse !
Il faut que je l’occisse !
Mais voilà comment faire ? La faire tomber du pied
la secouant un grand coup !!
La cacher d’un journal! Un bottin puis un autre!!
Le journal des Trois Suisses!!
Je me jette à pieds joints sur ce gros bouclier,
et danse le Guilledou.
Je descends de ce tas ! « Est-ce qu’elle est encore là ?
Est-elle morte où en vie ? »
Il me faut vérifier. Soulever le journal !
Et regarder dessous !
Je me prends par la main, Me force à regarder !
Quel exploit mes amis !
Mais prise d’un doute affreux, je remonte sur le tas
et me tiens bien debout.
Puis enfin je me dis, qu’après tous ces efforts !
Elle n’est plus guère agile.
Et je regarde enfin, prudemment,
doucement, car on ne sais jamais.
Ce qui reste de la bête gît sur le sol carrelé,
Et je dis tendrement :
Oh non, la pauvre bête !
V.M
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